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Archives Mensuelles: octobre 2008

Le terme désigne étymologiquement toute action scénique. Bien qu’il faille l’en distinguer par son caractère familier, le drame relève de la tragédie, qui se dénoue, selon sa définition, par la mort de protagonistes. Dans notre contexte relativement anxiogène, il me paraît riche de se pencher sur la faculté à exprimer des tensions existentielles sans se déverser dans une vulgaire confidence, qui serait obscène sans l’intelligence de la forme par laquelle passe le malaise évacué. Il s’agit de voir comment l’on peut évoquer élégamment la violence et en quoi cette voie n’est pas superficielle mais s’avère des plus efficaces pour affirmer une situation où l’horreur surgit du quotidien le plus proche. Du fait-divers au cataclysme, de soi à l’humanité, nous parcourrons ici une certaine esthétique de la catastrophe échelonnée en divers degrés.

Collisions à la Maison du Danemark à Paris

Stéphane Calais au Crédac à Ivry-sur-Seine

Emil Nolde aux Galeries Nationales du Grand Palais à Paris

Kendell Geers au Mac – Musée d’Art Contemporain de Lyon

Dimitri Tsykalov à la Mep – Maison Européenne de la Photographie à Paris

Das Plateau à Mains d’Oeuvres à Saint-Ouen

Fabrice Hyber dans le Parc de la Villette à Paris

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Un séjour lyonnais en cette période de l’année permet d’approcher un évènement qui concerne une quarantaine de lieux dans la ville, réunis autour de la photographie contemporaine. Cette année, Lyon Septembre de la photographie met l’accent sur la scène artistique de l’Est européen en soulignant la thématique de l’identité, personnelle ou nationale qui préoccupe particulièrement ces pays secoués d’un régime globalisant à l’autre, du communisme à l’aujourd’hui. La photo d’identité est donc développée au travers de monographies et d’expositions collectives investissant galeries et lieux associatifs. Je projettai de revenir de ces deux ours entre le Rhône et la Saône avec une sélection représentative de la manifestation mais, peu excité par l’ensemble du projet, je préfère associer ici les deux photographes qui m’ont intéressé avec d’autres pratiques indépendantes de la cinquième édition du festival.

Cécile Bart & Michel Verjux à la Galerie Georges Verney-Carron à Lyon

Philippe Million à la Galerie Roger Tator à Lyon

Angelin Preljocaj à la Maison de la Danse à Lyon

Christian Lhopital au Mac et à la Galerie Domi Nostrae à Lyon

Katerina Drzkova à la Galerie José Martinez à Lyon

PierreRAvelleCHapuis au Stand à Lyon

Iosif Kiraly à la Galerie Vrais Rêves à Lyon

A la fois exaspérante et enthousiasmante, Nuit Blanche voyait sa septième édition parisienne se développer en cinq circuits dessinés entre les gares, les églises et les tours. J’ai persisté à parcourir la manifestation chargé des déceptions et des plaisirs des années précédentes. Vous trouverez ici dans leur ordre d’approche, les propositions les plus excitantes parmi la trentaine que j’ai reliées, de la Gare de l’Est à la Tour Montparnasse, en fin de nuit du 4 au 5 octobre, entre 4h30 et 7h du matin, soucieux de vivre pleinement, sous la pluie glacée, la possibilité offerte par l’évènement d’approcher, en principe, des oeuvres jusqu’à l’aurore. En effet, que la programmation soit approximative ne tient qu’aux divers choix des directeurs invités, mais il  est totalement inadmissible que l’organisation ne tienne pas ses engagements, annulant ou clôturant prématurément près d’un tiers des projets retenus au programme. Concentrons maintenant plutôt notre attention sur ceux qui ont su respecter ce qui rend Nuit Blanche exceptionnelle, hallucinations surgissant entre éveil et sommeil.

Félicie d’Estienne d’Orves à l’Eglise Saint-Roch à Paris

Pierrick Sorin sur la façade de l’Hôtel Terminus Est à Paris

Gints Gabrans dans le Jardin du Musée Carnavalet à Paris

Gu Dexin sur la Tour Saint-Jacques à Paris

Javier Téllez à l’Eglise Saint-Eustache à Paris

fabric | ch à l’Eglise Notre-Dame-du-Travail à Paris

Ryoji Ikeda sur la Place du 18 juin 1940 à Paris

Cette sélection ne relève d’une thématique ni géographique, ni plastique. Son seul point fédérateur s’apparente à l’étonnement profond qu’a accompagné l’expérience de chacun des évènements, sidération nivelée selon la manifestation mais toujours effective. Telle une Gorgone, créature fantastique, l’entité face à laquelle j’évoluais m’a charmé par son redoutable pouvoir à figer mon attention, regard fixe, fasciné par le puissant caractère médusant de ce qui se monstrait. La situation dépassait l’envisageable, débordait des limites, bravait les possibles. Il s’agit toujours de démesure, d’une proposition qui s’installe hors, qui augmentent les dimensions du cadre du plausible, physiquement, intellectuellement ou moralement.

Jeff Koons au Château de Versailles à Versailles

Andres Serrano à la Galerie Yvon Lambert à Paris

Jeong-Hwa Choi au Point Ephémère à Paris

Krijn de Koning à la Galerie Serge le Borgne à Paris

Lori Hersberger au Mac à Lyon

Guy Maddin dans un Mk2 à Paris

Timo Nasseri à la Galerie Schleicher+Lange à Paris