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Archives Mensuelles: mai 2009

Le précédent numéro s’attardait sur une peinture contemporaine principalement figurative. Il me semble en effet important de souligner que ce retour du médium passe aujourd’hui majoritairement par le souci du peintre à figurer, voire défigurer. En contrepoint de cette piste, se pose la question de l’abstraction, terme opposé d’un art que l’on voudrait bipolaire. J’avoue n’avoir pas encore réussi à ce jour à ressentir l’exacte séparation qui différencie ces deux bornes, l’abstrait représentant indéniablement du reconnaissable, et le figuratif offrant toujours la possibilité d’un pur jeu plastique. Mais badinons à exécuter le docile exercice consistant à réunir, sous l’égide d’un père de ce langage visuel historiquement enraciné dans le XXe siècle, une sélection d’héritiers qui s’obstinent à ab-straire, verbe violent dont l’étymologie heureuse confirme ce volontaire mouvement d’isolement, cette déchirure manifeste.

Vassily Kandinsky au Centre Pompidou à Paris

Youri Jeltov à la Galerie Denise René – Espace Marais à Paris

Ida Ekblad à la Galerie Gaudel de Stampa à Paris

William Eggleston à la Fondation Cartier à Paris

Beatriz Milhazes à la Fondation Cartier à Paris

Frank Nitsche à la Galerie Nathalie Obadia à Paris

Jean-François Brunaud à la Galerie du Haut-Pavé à Paris

2009 semaine 21 – Et l’abstraction ?

On entend encore que la peinture contemporaine en France serait un médium sous-estimé, ingrat à défendre, définitivement illégitime. L’actualité prouve pourtant qu’un certain nombre de personnes persévèrent à soutenir des peintres qui renouvellent le langage pictural par une maîtrise technique évidente. Leur savoir-peindre se gorge de références classiques combinées à des emprunts de diverses sources complémentaires, sauvage primitivité, iconographie rock ou acide science-fiction, soit autant de mysticismes actuels venant secouer les citations trop sages. Les bons élèves s’émancipent et nous livrent des productions mâles qui suintent le délice, depuis le contentement du faire jusqu’à la délectation du voir.

Romain Bernini à la Galerie Metropolis à Paris

Julieth Mars Toussaint à la Galerie Guigon à Paris

David Chieppo à la Galerie ColletPark à Paris

Brian Belott à la Galerie Zürcher à Paris

Alun Williams à la Galerie Anne Barrault à Paris

Ummagumma à l’Emba / Galerie Manet à Gennevilliers

Damien Deroubaix à la Galerie In Situ / Fabienne Leclerc à Paris

Triennale de l’art en France, voici la deuxième édition du national effort institutionnel visant à définir un ensemble représentatif de la création plastique française, aujourd’hui. La manifestation est dirigée par trois commissaires chargés de rassembler les artistes qui incarneront notre emblème tricolore, auprès de nos compatriotes mais aussi au niveau de la scène artistique mondiale. Vous comprendrez donc l’ambition de cet évènement, organisé cette fois-ci selon trois niveaux, relatifs au statut de ses protagonistes : les Résidents (réunis sous la verrière du Grand Palais en un vaste accrochage collectif), les Visiteurs (plasticiens matures à la pratique reconnue au plan international investissant chacun un lieu mythique de la capitale) et les Invités (intervenants composant un festival de performances). Ce présent numéro s’attachera à documenter la résidence des premiers et décrira les interventions touristiques des seconds mais sacrifiera les troisièmes me semblant être un groupe moins identifiable. Je ne sais pas si l’occasion sauvera l’Art Français que l’on plaint tant, mais l’exercice reste une étape incontournable, avec ses choix joliment injustes, ses délicieuses aberrations et son insupportable nécessité.

La Géologie Blanche au Grand Palais à Paris

Daniel Buren au Grand Palais à Paris

Annette Messager au Palais de la Découverte à Paris

Bertrand Lavier sur la Tour Eiffel à Paris

Orlan au Musée Grévin à Paris

Gérard Collin-Thiébaut au Musée du Louvre à Paris

Pierre&Gilles à l’Eglise Saint-Eustache à Paris

A l’heure où la populaire exposition scientifique Our Body est censurée et interdite au public parisien, diverses raisons empêchant apparemment de présenter des cadavres humains naturalisés, il me semblait juste de revenir sur l’art et la manière de représenter notre enveloppe charnelle,  cette pièce de viande qui véhicule notre esprit. Je tiens précisément à documenter ici des productions artistiques qui visent à éprouver la matérialité de notre corps comme masse, dense récipient organique, qui bave, qui gicle, qui féconde, sans visage de préférence, afin d’éviter le sentimentalisme de l’individualité.

Sophie Dubosc à la Galerie Chez Valentin à Paris

Agnieszka Podgórska à la Galerie Frédéric Lacroix à Paris

La Chair de l’Objet à la Villa des Tourelles à Nanterre

Paul-Armand Gette à la Galerie Jean Brolly à Paris

Gisèle Vienne au Théâtre de la Bastille à Paris

Le Grand Monde d’Andy Warhol au Grand Palais à Paris

Marina Abramovic à la Galerie Serge le Borgne à Paris