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Archives Mensuelles: juillet 2009

Un récent circuit d’une petite semaine à la mi-juillet m’a permis de parcourir une vaste zone de l’intérieur méridional puis central de la France selon une courbe singulière ponctuée de riches stations culturelles. J’en partagerai une série à travers trois volets documentant chacun un des pôles géographiques de ce dense voyage. L’ouverture de notre triptyque rendra ici compte des expériences artistiques excitantes vécues dans le Lot et l’Aveyron où j’ai pu jouir de délicieuses hospitalités consécutives. L’héritage patrimonial des deux département sait servir de contexte puissant à l’accueil de la création contemporaine au fil d’audacieuses commandes publiques et d’initiatives enthousiasmantes.

L.A.09 par Rainer Oldendorf aux Arques

Veilleurs du monde 3 par la Maison des arts Georges Pompidou à Cajarc

Joseph Kosuth sur la Place des Ecritures à Figeac

Stéphane Belzère à la Cathédrale de Rodez

Statues-Menhirs au Musée Fenaille à Rodez

Comme les nonnes du Moyen-Âge à La Menuiserie à Rodez

Gustave Moreau à l’Eglise Notre-Dame à Decazeville

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C’est aujourd’hui que la municipale manifestation estivale sera inaugurée, offrant aux citadins, démunis ou pas, un ersatz littoral. Une grande partie des quais parisiens de la Seine et du Canal de l’Ourcq seront ainsi travestis en station balnéaire, durant un mois de mi-juillet à mi-août, comme cela se fait depuis 2002. Cette huitième édition semble perpétuer l’iconographie artificielle plaquée depuis les débuts de cette initiative annuelle, en affirmant son sable, ses palmiers et ses cabanons rayés comme un carnavalesque déguisement dont se parerait la ville, synthétiques attributs ressortis d’une année sur l’autre, qui paraissent cependant ravir les vacanciers heureux qui arrivent à se satisfaire de ce substitut. Il est temps de se demander à quoi peuvent ressembler des vacances pour enrichir le vocabulaire esthétique de cette période dite de disponibilité, entre quête d’exotisme et désir d’oisiveté.

Martin Parr à la Galerie Kamel Mennour à Paris

C’est l’été à la Galerie Camera Obscura à Paris

Daniel Buren dans la cour de l’Hôtel de la Monnaie à Paris

Les Grandes Vacances  par Françoise Petrovitch à la Maba à Nogent-sur-Marne

agnès b.  à l’Hôtel Meurice à Paris

Swiss Art ! par Martin Blanchard  à la Galerie 51 à Paris

Mi-Hyun Kim à la Galerie Philippe Chaume à Paris

« Le mâle est un accident biologique : le gène Y (mâle) n’est qu’un gène X (femelle) incomplet, une série incomplète de chromosomes. En d’autres termes, l’homme est une femme manquée, une fausse couche ambulante, un avorton congénital. Être homme c’est avoir quelque chose en moins, c’est avoir une sensibilité limitée. La virilité est une déficience organique, et les hommes sont des êtres affectivement infirmes ». C’est ainsi que s’exprimait Valérie Solanas en 1972, qui s’illustra quelques années auparavant en perforant Andy Warhol d’une balle tirée en plein abdomen. La femme doit-elle abattre le phallocratique art triomphant pour exister ? Notre contexte réanime étrangement un discours féministe formulé il y a plusieurs générations par une série de manifestations qui se concentrent actuellement sur la création artistique au féminin. L’essentielle préoccupation de sa visibilité soulève une foule de questionnements que je ne frôlerai pas même ici, mais témoigne d’un évident malaise, d’une inquiétude crue exprimée aujourd’hui face au constat que non, notre société n’est pas encore capable d’outrepasser cette basique différence et en est encore à devoir attester d’une telle dichotomie. Voici sept ensembles collectifs qui exhibent, puisque ce besoin demeure, exclusivement des oeuvres d’artistes femmes. L’opération arrive tard mais permettra d’évoluer, soyons optimismes, vers un avenir radieux où cette question ne se posera plus. J’imagine ainsi nos descendants ironiser un jour au sujet d’une ère où leurs sauvages ancêtres, pour un même poste, étaient encore rémunérées selon leur sexe.

elles@centrepompidou au Centre Pompidou à Paris

Petunia

Elles aussi… à la Galerie Pierre-Alain Challier à Paris

Plurielles à la Galerie 64bis à Paris

Cris et chuchotements au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris

Tigres et peintresses à la Galerie Celal à Paris

Au féminin au Centre Culturel Calouste Gulbenkian à Paris

L’esperluette est ce signe typographique hybride que l’on utilise sans en connaître généralement le nom pour affirmer le lien qui unie deux éléments soudainement inséparables. Résultant de la progressive ligature des lettres e et t, notre logogramme & semblerait considéré jusqu’au XIXe siècle comme la vingt-septième composante de l’alphabet mais ne subsiste aujourd’hui dans son usage courant que comme la conjonction de coordination associant deux personnes en un couple qui forme alors une entité propre. Il s’agira pour nous cette semaine de nous pencher sur la création à deux, sur ces binômes qui rythment notre actualité selon diverses notions d’accouplements fertiles que nous parcourrons ici.

Gilbert & George à la Galerie Thaddaeus Ropac à Paris

Gil & Moti à la Galerie Eric Dupont à Paris

Nathalie Brevet & Hughes Rochette au Collège des Bernardins à Paris

Morgane & Salomé à l’Espace Jean-Marie Poirier à Sucy-en Brie

Jérôme le Goff & Delphine Ralin au Loft19 chez Suzanne Tarasiève à Paris

McDermott & McGough à la Galerie Jérôme de Noirmont à Paris

Iris van Dongen & Dionisis Kavallieratos à la Galerie Bugada & Cargnel à Paris