L’équilibre entre les choses se cherche plus qu’il ne se trouve. Ainsi des formes s’obstinent à naître selon un idéal de mesure, quitte à fabriquer les dispositifs pour jauger leur gravité. Nous leur accordons un poids, qui en rapport avec tout le reste, va indiquer la justesse de sa présence. Un souci de retenue guide généralement son apparition. Le trop arrive si vite.

Martin Belou chez Bernier / Eliades à Bruxelles

So what is it that makes today’s homes so different, so appealing? par Carlier | Gebauer à Salon à Madrid

Katinka Bock à la Galerie Greta Meert à Bruxelles

Dimensions of Reality: Female Minimal par Anke Kempkes & Pierre-Henri Foulon à la Galerie Ropac à Pantin

Charlotte Moth chez Marcelle Alix à Paris

Much without many chez Meessen de Clercq à Bruxelles

Benoît Maire à la Galerie Nathalie Obadia à Paris

31d7751a-3867-4abe-ac01-264dd0435299 Katinka Bock, Haltung (IU), 293 x 106 x 12 cm, steel, bronze, ceramic, 2020 | Courtoisie de l’artiste et de la Galerie Greta Meert (Bruxelles)

Art-O-Rama marque traditionnellement la rentrée sociale et commerciale de l’art en France, accompagnant le crépuscule de l’été par sa fougue marseillaise. Son édition physique devant être annulée, la foire rebondit avec diverses consolations qui contribuent au fort potentiel sympathie constitutif de son identité. Et son Salon immatériel se distingue des alternatives en ligne, en cela qu’il se retire d’emblée du champ visuel. L’initiative est futée, et fédère ainsi une quarantaine de participations. Parmi des projets plutôt caricaturaux, surgit une pièce sonore de quatre minutes signée par Claude Closky, fantasque et efficace guimauve textuelle dont le titre nous guide justement aujourd’hui vers tout l’inverse de l’ennui électronique.

Lynda Benglis chez Xavier Hufkens à Bruxelles

Colette Richarme à l’Espace Dominique Bagouet à Montpellier

Hugo Pernet à La BF15 à Lyon

Painting. A Permanent Challenge au Caixa Forum à Madrid

Denis Laget au Musée Estrine à Saint-Rémy-de-Provence

Lucio Fontana à la Galerie Karsten Greve à Paris

Miryam Haddad chez Art : Concept à Paris

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Lynda Benglis, Wonder Woman (détail), 124.5 x 50.8 x 40.6 cm, cast sparkles on handmade paper over chicken wire, 2016-17 | Courtoisie de l’artiste et de Xavier Hufkens (Bruxelles), crédit photographique HV-studio

Il existe des contenances existentielles, façonnées pour être remplies par tout ce que l’on ne quantifie pas. Dans l’Antiquité égyptienne, la divinité des eaux était représentée par une jarre surmontée d’une tête animale. La figure indique le zodiaque d’une crue, en fonction du débordement mesurée sous telle constellation. Mais le pot se trouva rapidement associé à un usage funéraire, pratique lors des embaumements pour y répartir les viscères d’un corps défunt. Du trivial au sacré, le vase, la vase.

Yoshiro Kimura | Jean Girel chez Pierre Marie Giraud à Bruxelles

Daniel Dewar & Grégory Gicquel chez C L E A R I N G à Bruxelles

Vessels ~ on body fluids ~ par Alix Janta-Polczynski à Island à Bruxelles

Héloïse Bariol au Centre Céramique Contemporaine à La Borne

Audrey Barbes par Héloïse Bariol à 180 litres au Centre Céramique Contemporaine à La Borne

Anton Reijnders par Fracas à l’Atelier Jespers à Bruxelles

Nitsa Meletopoulos pour Nouvelle Vague à Saint-Quentin-La-Poterie

ee473d1c-5769-4f83-bb8b-f76261d237ea Daniel Dewar & Grégory Gicquel, Granite trough with pig, 175 x 220 x 165 cm, granite stone, 2020 | Courtoisie des artistes et de C L E A R I N G (Bruxelles), crédit photographique Eden Krsmanovic et Benjamin Baltus

Il existe une injonction à l’épanchement, définissant l’art comme l’expression directe de ses plus profondes constituantes. Cette obscène tendance fausse d’emblée la réception d’une œuvre, en y projetant l’accès le plus immédiat à l’essence de l’autre. Ce sont justement tous les filtres que l’artiste façonne qui nous concernent. Faire croire à un partage instantané de l’intimité devient alors une opération racoleuse de communication, une agaçante intimidation.

Marc Alberghina à la Galerie XXI à Paris

Je refléterai ce que tu es… par Stéphane Ibars à la Collection Lambert à Avignon

Portraits & Some Standing Figures à la Galerie Sébastien Bertrand à Genève

Chechu Álava au Museo Nacional Thyssen-Bornemisza à Madrid

American Women par Marie Maertens à La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach à Bruxelles

Brice Dellsperger chez Air de Paris à Romainville

Stevie Dix à la Galerie Chloé Salgado à Paris

Joe Andoe.indd Aks Misyuta, Chiffon Dress, 50 x 50 cm, acrylique sur toile, 2020 |Courtoisie des artistes et de la Galerie Sébastien Bertrand (Genève), crédit photographique Annik Wetter

À l’heure où la promiscuité est devenue source de suspicion, il est primordial de perpétuer des formes d’unité et de convivialité, voire d’en inventer. Les rapports de proximité s’en trouvent bousculés, tant dans la reconfiguration des espaces mitoyens que dans la possibilité de nouvelles familiarités. L’entourage prend une autre teneur. Une attention inédite se porte à ses alentours.

Hélène Bertin & Jacques Laroussinie au Centre Céramique Contemporaine à La Borne

Faire argile par Les Communs (Cormatin) aux Écuries Saint-Hugues à Cluny

En douce par Oriane Durand, Mimosa Echard et Gaia Vincensini chez Gaudel de Stampa à Paris

Your Friends and Neighbors chez High Art à Paris

Charles Hascoët par Superzoom à Paris

Intérieur, pluie. chez Crèvecœur à Paris

Louis Gary à Glassbox à Paris

c50e6c9f-fb2a-4d2d-a99e-99e3dedfe4b8 Anne Bourse, Stupid sun who can’t stop moving (Leash), 42 × 30 cm, felt pen and ballpoint pen on coated paper, 2020 | Courtoisie de l’artiste et de la Galerie Crèvecœur (Paris), crédit photographique Aurélien Mole

Il existe une discipline inspectant la constitution chimique ou physique des corps, à travers l’énergie, notamment lumineuse. Une attention est alors portée à l’irradiation des choses. Les apparitions ne sont plus des frousses sépulcrales, mais des graphiques cliniques à étudier. Pas sûr que l’approche scientifique réussisse à définitivement taire tout fantôme.

Fabien Giraud & Raphaël Siboni par Anne Stenne à l’Institut d’Art Contemporain Villeurbane/Rhône-Alpes à Villeurbanne

Des temps liés à la Galerie Chloé Salgado à Paris

Sous le soleil exactement pour Restons Unis à la Galerie Perrotin à Paris

Ludovic Sauvage à la Galerie Valeria Cetraro à Paris

Fun House par Cristina Ricupero au Parc Saint-Léger à Pougues-les-Eaux

Josh Brand pour Condo London 2020 à Herald St à Londres

Aurore Pallet à la Galerie Isabelle Gounod à Paris

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Shanta Rao, untitled, 156 x 176 x 17 cm, peinture polymère, 2019 | Courtoisie de l’artiste et de la Galerie Joseph Tang (Paris)

Bourrasque linguistique, le terme s’utilise dans la sphère anglo-saxonne pour désigner un mode extérieur de décontraction chic. L’italien à qui il est emprunté, l’emploie couramment pour parler du temps passé en prison. Le frais évoque simultanément les joies du plein air, et la réclusion contrainte. Le tout réveille bien-sûr la technique picturale œuvrant à-même le plâtre des murs, que l’on dîne devant eux, ou purge sa peine entre. Un enfermement dehors, à la fraîche.

Gilles Aillaud à la Galerie Loevenbruck à Paris

Picasso. Baigneuses et baigneurs par Sylvie Ramond & Émilie Bouvard au Musée des Beaux-Arts de Lyon à Lyon

Sculpture Garden par Balthazar Lovay pour Artgenève à Genève

Ida Ekblad à la Galerie Max Hetzler à Paris

We Are The Painters à In Situ Fabienne Leclerc à Romainville

American Pastoral à Gagosian Britannia St à Londres

Tony Matelli à la Galerie Andréhn-Schiptjenko à Paris

3da65d36-536b-4b8a-adaa-db68ad541389 Gilles Aillaud, La mer dans tous ses états, 33 x 55 cm, huile sur toile, 1988 | © Fonds Gilles Aillaud / Galerie de France et ADAGP, Paris, 2020, Courtoisie de la Galerie Loevenbruck (Paris), crédit photographique Fabrice Gousset

L’hospitalité à travers toutes ces formes, agit pour l’inclusivité. Alors que le lexique francophone tâtonne avec créativité pour façonner une langue plus juste, des gestes simples peuvent contribuer à mieux accueillir l’autre, quelque soit son genre. Au-delà de l’étiquette et des règles sociales sophistiquées, il existe une politique irréductible de la bienvenue.

Konstantin Sgouridis à Halle Nord à Genève

La Complicité par Bice Curiger & Julia Marchand à la Fondation Vincent Van Gogh Arles à Arles

Selina Baumann à la Galerie Laurence Bernard à Genève

Pavillon Southway par Southway Studio à Marseille

Robin Plus à Extramentale à Arles

Shimabuku par Amanda Wilkinson à Londres

Pandora Graessl à La Chapelle de la Madeleine à Arles

cddeb7cf-ee29-4caa-891a-fa7b3aa789cb Pavillon Southway par Southway Studio (Marseille) | Courtoisie des artistes, crédit photographique Hervé Hôte

Voilà une polysémie définitivement nourrissante, qu’elle désigne la plaque cornée formant le dessous du sabot d’un cheval, une semelle, un poisson marin au corps presque ovale couvert d’écailles fines, une pièce de charpente posée à plat, une sandale, le bois placé horizontalement en soutien, le fond d’un bateau, une jetée de plâtre exécutée à la truelle, un plancher, une unité agricole formée de parcelles consacrées à une même culture, ou la partie plane d’un four qui reçoit les produits à traiter. Elle est une surface d’accueil, où tout se tient.

Julia Borderie & Eloïse Le Gallo au GAC Annonay à Annonay

Pierre Tal Coat à la Galerie Maeght à Paris

Ruralités au Mucem à Marseille

Goni Shifron par Alexandra Fau à Fabre à Paris

Mais il y a ce lieu, qui nous maintient par Mathieu Kleyebe à Mécènes du sud à Montpellier

Arthur Aillaud à la Galerie Béa-Ba à Marseille

L’Homme qui marche à l’Institut Giacometti à Paris

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Julia Borderie & Eloïse Le Gallo, Soles, 20′, vidéo, 2020 | Avec la complicité de Martin Balmand et Jean-Jacques Dubernard

Ce n’est pas parce qu’ils s’expriment réfrigérés sous une façade de sévérité ou derrière une interface technologique, que les sentiments n’existent pas. L’apparente insensibilité relève de tout, sauf d’un manque de passion. L’autre y interpréterait une difficulté affective, là où règnent décence, fermeté et permanence. Il n’y a pas de température obligée pour l’émoi.

Philip-Lorca diCorcia chez David Zwirner à Paris

Piégé.e.s inextricablement dans la formulation d’une émotion par Exo Exo à la Galerie Hussenot à Paris

Bastien Gachet à Forde à Genève

Eliza Douglas chez Air de Paris à Paris

Les moyens du bord par Bernard Blistène à La Villette à Paris

Nan Goldin à la Librairie Marian Goodman à Paris

Smells like teen spirit à la New Galerie à Paris

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Philip-Lorca diCorcia, W, November 2004, #4, 81.3 x 125.4 cm, archival pigment print, 2004 | Courtoisie de l’artiste et David Zwirner (Paris)

Certaines créatures immémoriales ne font que semblant de disparaître. Les campagnes de normalisation qui trop souvent cherchent à éradiquer tout folklore, ne rasent que superficiellement leur ramage, dont l’enracinement patiente sagement jusqu’à ce que nous le fassions à nouveau éclore. Une survivance de cet esprit persiste. Son incarnation est de toute évidence, nourrie par des artistes, régulièrement, inlassablement, depuis toujours.

Niels Hansen Jacobsen au Musée Bourdelle à Paris

Miriam Cahn à la Galerie Jocelyn Wolff à Paris et à Komunuma à Romainville

Léopold Chauveau au Musée d’Orsay à Paris

Pia Rondé & Fabien Saleil à la Galerie Valeria Cetraro à Paris

Lauren Coullard à A.ROMY à Genève

Vidya Gastaldon à Wilde à Genève

Victoria Kosheleva à Poush à Clichy

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Miriam Cahn, sarajevo, 45 x 38 cm, huile sur toile, 22.8.95 | Courtoisie de l’artiste et de la Galerie Jocelyn Wolff (Paris, Pantin)

L’autre parle. Qu’il vienne d’ailleurs, voire de l’au-delà. Il ne s’agit pas d’une option. Nous communiquons bien toutes et tous avec les esprits, les êtres, selon un multilinguisme ne relevant pas toujours du verbe. L’étrangeté jase. De la sophistication des écritures à la viscéralité de notre organe lingual, d’élocution en charabia, nous débitons.

Yasmina Benabderrahmane au Bal à Paris

Qalqalah قلقلة : plus d’une langue au CRAC Occitanie à Sète

Mandy El-Sayegh à Bétonsalon à Paris

Scrivere Disegnando au Centre d’Art Contemporain Genève à Genève

Raúl Illarramendi à la Galerie Karsten Greve à Paris

Esprit es-tu là ? au Musée Maillol à Paris

Julie Beaufils chez Balice Hertling à Paris

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Yasmina Benabderrahmane, La Bête, un conte moderne, 2020 | © L’artiste et ADAGP, Paris, 2020

Certains cheminent vers des formes d’abstraction. Pas d’écriture inclusive pour cette première phrase, car dans le cadre de la présente chronique, elle s’accorde exclusivement au masculin. Cela pourra nous faire réfléchir, par ailleurs. Ainsi, ces ouvriers de la planitude, recouvrent l’espace d’éléments dont la découpe géométrique tranche les surfaces. Dans le monde du bâtiment, de tels revêtements visent un objectif décoratif, tout en permettant de s’y tenir bien droit.

Olivier Mosset par Paul Bernard & Lionel Bovier au Mamco à Genève

La troisième dimension au Minotaure et chez Alain Le Gaillard à Paris

Maximilien Pellet par Thomas Havet à la Double V Gallery à Marseille

Ut Pictura Poesis à la Galerie Guido Romero Pierini Michael Timsit à Paris

Otto Wagner à La Cité de l’Architecture et du Patrimoine à Paris

Matthias Bitzer à la Galería Casado Santapau à Madrid

Bernard Piffaretti à la Galerie Frank Elbaz à Paris

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Maximilien Pellet, L’échiquier, 50 x 50 cm, céramique sur caisse en bois, 2020 | Courtoisie de l’artiste et de Double V Gallery (Marseille), crédit photographique Jean-Christophe Lett

Il existe des espaces pour badiner. Des règles régissent ce terrain, à commencer par ses démarcations toujours précises. Une scène est mise. La piste est dessinée. On y trame. Le damier par l’alternance de ses cases, impose une grille binaire. Les effets de perspectives y sont amplifiés, jusqu’à ouvrir des dimensions parallèles lorsque la vision y perd ses repères. L’échiquier devient le socle du drame. Les forces s’affrontent. La tension psychologique installe son filet. La planéité du sol où tout se déroule, se voit géométrisée pour mieux acérer le regard que nous y projetons.

Adélaïde Feriot à Art3 à Valence

Ulla von Brandenburg au Palais de Tokyo à Paris

Modes & Travaux par The Drawer / Poil à la Galerie Vallois à Paris

Zora Mann par Eric Mangion à la Villa Arson à Nice

Maria Helena Vieira da Silva chez Waddington Custot à Londres

Quodlibet par Karel Císař chez Hunt Kastner à Prague

Martin Belou par Eloi Boucher à Sans titre (2016) à Paris

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Martin Belou, vue de l’exposition « Foyer » par Eloi Boucher, 2020 | Courtoisie de l’artiste et de Sans titre (2016) (Paris), crédit photographique Aurélien Mole

Un bouleversement retourne les choses. Une partie de nous se contracte, se dérobe, se rejette en arrière. Des crispations déforment les traits. Une force agit et cette possession brève nous ôte tout contrôle d’un corps alors régi par les spasmes. Faire horreur. Ces afflux encouragent les tensions, pour mieux exprimer une révolte organique.

Jean-Charles de Quillacq chez Marcelle Alix à Paris

Ecce Puer chez Pact à Paris

Rachel Rose à Lafayette Anticipations à Paris

Vampires. L’évolution d’un mythe au CaixaForum à Madrid

Enzo Cucchi chez Balice Hertling à Paris

Penny Goring chez Campoli Presti à Paris

Dorothea Tanning chez Alison Jacques à Londres

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Rachel Rose, série Borns, roche et verre, 2019 | Courtoisie de l’artiste, Lafayette Anticipations (Paris), et des galeries Pilar Corrias (Londres) et Gavin Brown’s Entreprise (New York, Rome), crédit photographique Andrea Rossetti

L’espace se saisit à travers les obstacles qui en délimitent la vertigineuse notion. Ainsi des corps sont à embrasser par leurs contours, renfermant leur propre substance en la distinguant de celle des autres. Ils sont les parois de l’altérité. Les lois physiques invitent à une capacité de maintien. De la sorte, l’attitude extérieure exprime la manière d’être perçu·e. Et chaque objet remplit de sa présence le récipient qu’il constitue.

Barbara Hepworth au Musée Rodin à Paris

Tuomas A. Laitinen par Filipa Ramos terminée sur Vdrome sur internet

Gabriele Beveridge à Freehouse à Londres

Athanasios Argianas au Camden Art Centre à Londres

Ruth Asawa chez David Zwirner à Londres

La Boîte de Pandore par Andy Neyrotti au Musée Réattu à Arles

Irving Penn à la Galerie Thaddeus Ropac à Paris

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Tuomas A. Laitinen, Haemocyanin, 8′, UHD video, stereo sound, 2019 | Courtoisie de l’artiste et Helsinki Contemporary

Pour vivre, l’araignée façonne de subtiles pièges de soie. Les ancêtres de l’animal dans sa forme primitive, utilisaient ce fil pour la fabrication de cocon afin de protéger les œufs, ne tissant alors pas encore de toile. De la sauvegarde de sa progéniture à la capture de sa proie, l’évolution naturelle a dû générer de nouveaux schémas de confection. Dans le domaine du tissage, une étape déterminante consiste à assurer les préparatifs de tout ouvrage, avant d’entreprendre son exécution effective. Il y a manigance. Quelque chose se trame.

Caroline Achaintre | Anna Barham | Peggy Franck par Arcade à ARCOmadrid à Madrid

Drapé au Musée des Beaux-Arts de Lyon à Lyon

Man Ray par la RMN Grand Palais au Musée Cantini à Marseille

Alisha Wessler dans son atelier à La Factatory à Lyon

Olga de Amaral par Richard Saltoun à ARCOmadrid à Madrid

Jennetta Petch & Szymon Kula dans leur atelier à La Factatory à Lyon

Marion Baruch à La BF15 à Lyon

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Caroline Achaintre, Pasodoble, laine tuftée main, 2020 | Fundación ARCO (Madrid) | Courtoisie de l’artiste et Arcade (Londres)

Issue du langage culinaire, le terme s’emploie dès le XVIe siècle pour pointer un plat trop piquant, trop salé. François Rabelais parle ainsi d’une fricassée de fèves. Pour notre goût, il y a excès, débordement, outrance. Ailleurs, le surréalisme a fêté son siècle d’existence, du moins sous cette appellation officielle. Le mouvement fit éruption alors que l’humanité traversait une nouvelle crise mondiale. L’absurdité de certaines situations pourtant bien concrètes pousse l’esprit à se réfugier dans une fantaisie libre, encouragée par les aberrations alentour qui troublent la distinction entre folie et raison.

Victor Grazzi avec la Villa des Cent Regards à Montpellier

Quentin Spohn à l’Espace A VENDRE à Nice

Julien Tibéri chez Semiose à Paris

(Un)Real Life par Nicolas Dewavrin à la Galería Nueva à Madrid

Edgardo Navarro à l’Instituto Cultural de México à Paris

Utopia par Tornabuoni Art au Passage de Retz à Paris

Johanna Magdalena Guggenberger chez Belmacz à Londres

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Antoine Carbonne, Palmyre, 190 x 160 cm, huile sur toile, 2017 | Courtoisie de l’artiste

D’habitude, c’est le printemps. Il s’agit traditionnellement d’une saison où tout sort. La nature a éclot. Elle a déjà ouvert une partie de ses bourgeons, ou poussé les autres très fort. Les animaux finissent d’hiberner et s’activent. Eux quittent leur tanière. Les humains ont vécu tout l’inverse de l’élan printanier, sans traverser l’automne non plus. Contraints au reploiement vers l’intérieur, il nous a fallu nous rouler du dehors au dedans. Ce recroquevillement minéralise les masses dans un mutisme apparent. L’introspection a dû trouver ses formes pour se montrer. Et si les langues parlaient, c’est sur le ton de la confidence.

Özgür Kar chez Edouard Montassut à Paris

Henri Matisse au Musée Matisse à Nice

Mario Merz au Museo Reina Sofia à Madrid

Gotthard Graubner à la Galerie Karsten Greve à Paris

Robert Grosvenor à la Galerie Max Hetzler à Paris

Richard Learoyd à la Fundación MAPFRE à Madrid

Lola Gonzàlez à la Galerie Marcelle Alix à Paris


Lola Gonzàlez, Telma & Anouk, 4’25, vidéo HD stéréo, 2019 | Courtoisie de l’artiste et Galerie Marcelle Alix (Paris)

Contraint à être mou, étendu, alité, le corps peut retrouver une perpendiculaire au sol. Dans l’espace physique, reviennent la contenance, la tenue. La figuration se cherche une stabilité, de l’assurance, de l’aisance au moins. Nous nous redressons.

Ludovica Carbotta à Galería Marta Cervera à Madrid

Rodin-Giacometti à la Fundación MAPFRE à Madrid

Des marches, démarches par Guillaume Monsaingeon au Frac Paca à Marseille

Yves Saint Laurent au Musée des Tissus à Lyon

70.001 à la Galerie Jocelyn Wolff | Komunuma à Romainville

Harold Ambellan au Musée Réattu à Arles

Liv Schulman | Carla Grunauer par Piedras Galería (Buenos Aires) à ARCOmadrid à Madrid


Ludovica Carbotta, Moderate AD 01, 170 x 160 x 130 cm, bois, acier, peinture, béton et mousse polyuréthane, 2019 | Production Biennale di Venezia 58th International Art Exhibition, courtoisie de l’artiste et Galería Marta Cervera (Madrid)

Divertissement populaire par lequel s’exprime les frustrations généralement comprimées, voilà une occasion où tout est permis puisque les faces sont voilées. Mais elle dépasse aussi le simple calendrier carnavalesque pour devenir une réelle compétence sociale. Le déguisement cache, révèle et bouscule l’ensemble du système des valeurs puisque seules importent les façades, qu’elles soient hypocrisie ou sincérité. Si ce n’est de l’allégresse, la situation peut impulser au contraire de la sidération.

Javier Arbizu pour Generación 2020 à La Casa Encendida à Madrid

Luc Tuymans à la Collection Pinault | Palazzo Grassi à Venise

Cameron Jamie chez Gladstone à Bruxelles

Le Combat de Carnaval et Carême à la Galerie Rodolphe Janssen à Bruxelles

Jean Clerté à la Galerie Pascal Gabert à Paris

Peter Saul à la Galerie Almine Rech à Paris

Jacqueline de Jong par Pippy Houldsworth à Frieze Masters 2019 à Londres


Cameron Jamie, The Secret World of Tears, 35.6 x 25.4 x 17.8 cm, céramique émaillée, 2019 | Courtoisie de l’artiste et Gladstone Gallery (Bruxelles)

Il nous faut trouver une nouvelle manière de nous mouvoir. Diverses voix s’élèvent depuis toujours contre les pressions normatives. Elles ont trouvées des échos dans des évolutions récentes, forcément fragiles, au sein des sociétés. Le climat actuel raye l’élan de diversités auxquelles nous aspirons, prenant la santé comme prétexte pour promouvoir des valeurs réactionnaires, relativement bien acceptées car annoncées comme unique perspective sous la menace. Alors on nous contraint à marcher droit. Je crois en d’autres locomotions.

This is the rhythm of the night à la Galerie Edouard Escougnou à Paris

Patrick Staff à la Serpentine Sackler Gallery à Londres

Abbieannian Novlangue par Extramentale à la Galerie Sultana à Paris

Claire Guetta par Glassbox-Sud à la Halle Tropisme à Montpellier

Patricia Domínguez par Rafa Barber Cortell à CentroCentro à Madrid

I’m from nowhere good par Thomas Conchou à la Maison Pop à Montreuil

Soufiane Ababri | Apolonia Sokol par The Pill (Istanbul) à ARCOmadrid à Madrid


Jean de Sagazan, The last dance 5.1, 58 x 47 cm, encre et gouache sur coton, 2019 | Courtoisie de l’artiste

En France, il s’agit de l’injonction faite à une personne physique de résider en un lieu déterminé. Elle peut résulter d’une décision civile, pénale ou administrative. Elle peut être ordonnée avec surveillance électronique dans le cadre d’une procédure de convocation par procès verbal ou de comparution immédiate, toutes deux présumées innocentes, avec l’accord ou à la demande de l’intéressé.e, par le juge d’instruction ou par le juge des libertés et de la détention si la personne mises en examen encourt une peine d’emprisonnement correctionnel d’au moins deux ans ou une peine plus grave. Selon le code de l’entrée et du séjour des étranger.e.s et du droit d’asile, cette poursuite pour des non-européen.ne.s en instance d’éloignement dans l’impossibilité de quitter le territoire français ou de regagner son pays d’origine ou de rendre dans aucun autre pays, est décidée par le préfet de département. Selon la loi du 3 avril 1955 sur l’état d’urgence, sa déclaration donne pouvoir au Ministre de l’Intérieur de la prononcer dans le lieu qu’il fixe, de toute personne « à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre publics ». Sa durée maximale est de douze mois. Au-delà, une prolongation est possible sous certaines réserves.

Jessi Reaves chez Herald St à Londres

At Home à la Galerie Valentin à Paris

Giuliana Zefferi à Bikini à Lyon

Multiple visions chez Sorry We’re Closed à Bruxelles

Sculpture-Lampe à Soft Opening à Londres

Candida Höfer | Hiroshi Sugimoto | Thomas Ruff à la Charles Riva Collection à Bruxelles

Ludwig Mies van der Rohe avec la Villa Tugendhat à Brno

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Nevine Mahmoud, Illuminated Leg, 71 x 20 x 23 cm, glass, aluminium hardware, lighting, wires, 2019 | Courtoisie de l’artiste et de Soft Opening, crédit photographique Theo Christelis

Lui tranche, lorsque son acolyte l’origami plie. Il taille, dépèce, débite, évide, chantourne, de la béance à la dentelle. L’art japonais du papier découpé manipule une ressource pour la transformer selon une économie et une inventivité atteignant des sommets de délicatesse. Il donne au plan toutes ses dimensions. De son origine religieuse alors que ses plaisirs furent développés dans un cadre cérémoniel, cette pratique conserve une allure enchanteresse.

Benode Behari Mukherjee chez David Zwirner à Londres

Pablo Picasso à la Royal Academy of Arts à Londres

Farah Atassi par Eric Troncy au Consortium Museum à Dijon

Bruno Munari à la Galeria Aural à Madrid

Variations au Nouveau Musée national de Monaco | Villa Paloma à Monaco

Marc Devade à la Galerie Ceysson Bénétière à Paris

Miho Dohi à la Galerie Crèvecœur à Paris

Maquette décor Opéra de Monaco
Alphonse Visconti et Eugène Frey, maquette de décor pour « La Walkyrie », Acte III, 3ème et 4ème tableaux, 37 x 60.5 x 60.5 cm, maquette d’étude, crayon graphite et encre, vers 1909 | Monte‐Carlo Société des Bains de Mer en dépôt permanent au NMNM, crédit photographique François Fernandez

L’imagerie hollywoodienne formate encore trop souvent notre rapport au merveilleux, même le plus obscure. D’autres traditions peuvent pourtant nourrir avec ampleur et imagination un appétit pour l’occulte. C’est en fréquentant les spiritualités de différents orients que nous pouvons nous familiariser avec d’autres formes d’esprits magiques. Et embrasser pleinement les présences invisibles.

Peybak à la Galerie Vallois à Paris

L’œil et la nuit par Géraldine Bloch à l’Institut des Cultures d’Islam à Paris

Pierre Soulages au Musée du Louvre à Paris

Kharmohra par Guilda Chahverdi au Mucem à Marseille

Joris-Karl Huysmans critique d’art. De Degas à Grünewald au Musée d’Orsay à Paris

Shailesh BR par Vitarka Samuh à la Villa Arson à Nice

Ni Tanjung par Lucas Djaou à la Galerie Patricia Dorfmann à Paris

Photo by David Giancatarina www.lephotographedart.com
M. Mahdi Hamed Hassanzada, Yaran, dar aghush, Istanbul, 38 x 28.5 cm, encre et acrylique sur carton, 2017 | Collection particulière

Nous brillons. Notre simple présence éclaire. Ainsi le médium photographique se retrouve volontiers convoqué pour enregistrer cette radiance. Les rayons caressent l’épiderme, en colorent le relief. Et lorsqu’il fait sombre, voire que la nuit est déjà tombée, s’étend notre besoin de luire.

Jimmy DeSana chez Amanda Wilkinson à Londres

Paul Mpagi Sepuya à Modern Art Vyner St à Londres

James Welling à la Galerie Marian Goodman à Paris

Aurore-Caroline Marty au Frac Bourgogne – Boutique des Bains du Nord à Dijon

No Photos on the Dance Floor! à C/O Berlin à Berlin

Wolfgang Tillmans au CA2M Centro de Arte Dos de Mayo à Móstoles

Ed Paschke à la Galerie Suzanne Tarasiève / Loft 19 à Paris

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Wolfgang Tillmans, Easter, b, 2012 | Courtoisie de l’artiste et de la galerie Buchholz (Berlin, Cologne)

Nos intérieurs ouvrent leur espace à ce qui se passe au-delà des murs. Une force centripète cherche à tout vouloir y attirer. Il s’agit de fabriquer la nature ou d’importer le monumental à l’échelle du domestique. Contenir l’extérieur, donne une idée de l’oxymore toujours à l’œuvre dans ces initiatives. Et de l’aspect factice sinon téméraire de leur réalisation.

Alvaro Urbano à La Casa Encendida à Madrid

Mecarõ. L’Amazonie dans la collection Petitgas au MO.CO. Hôtel des collections à Montpellier

Sol Calero par Eric Mangion à la Villa Arson à Nice

Carlos Bunga à la Whitechapel Gallery à Londres

Ian Cheng par Hans Ulrich Obrist pour la Fondazione Sandretto Re Rebaudengo à Madrid

A Shelter in the Folds of the Infinite par Eloi Boucher à Sans titre (2016) à Paris

Lloyd Corporation pour Condo London 2020 chez Carlos/Ishikawa à Londres

Sol CALERO Souvenirs 2020
Sol Calero, Se empeñaban en tapar las grietas, pero las paredes seguían sudando, 2020 | Courtoisie de l’artiste et des galeries Barbara Gross (Munich), ChertLüdde (Berlin) et Crèvecœur (Paris), crédit photographique François Fernandez

Nous pouvons nous demander si les machines continuent lorsque les humains s’arrêtent. Objets d’ingéniosité, elles demeurent un sujet de fascination au-delà du pur fonctionnement qui a dicté leurs contours. Et c’est là d’ailleurs la caractéristique qui rend leur formes fabuleuses, au point d’égarer parfois leur besogne, ce que l’art aime faire régulièrement. Évitons intentionnellement ici l’ère numérique pour nous concentrer sur une mécanique traditionnelle, et les ferrailles animées qui la composent.

Eduardo Paolozzi à C L E A R I N G à Bruxelles

John Chamberlain à la Galerie Karsten Greve à Paris

Analog Histories in Primary Colors à neugerriemschneider à Berlin

Sylvie Fleury à la Galerie Thaddaeus Ropac à Paris

… et labora par Bice Curiger à la Fondation Vincent Van Gogh Arles à Arles

Philolaos au Musée de Valence | Art et archéologie à Valence

Sterling Ruby chez Gagosian Britannia St à Londres

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Philolaos, Cache-amant, 185.5 x 70 x 66 cm, acier inoxydable, 1965 | Fonds d’atelier de l’artiste © Musée de Valence, crédit photographique Thomas Hennocque

La mycologie est une science vertigineuse dont nous avons encore beaucoup à apprendre, autant sur les propriétés du règne fongique que sur la diversité nourrissante de ses formes, notamment fractales. Elle concerne des organismes vivants dont nous ne visualisons généralement que quelques détails spectaculaires pour l’œil, fructification temporaire d’une structure cellulaire à caractère plus durable et discret. Retenons-en l’impressionnant pouvoir vital, capable d’ensemencer voire de s’auto-générer. Enzymes, levures, kéfir et kombucha demeurent des principes actifs, et pas que pour nos flores.

Natsuko Uchino à la Galerie Allen à Paris

Zoe Paul chez Baronian Xippas à Bruxelles

Laurence Owen chez Lychee One et à la Zabludowicz Collection à Londres

Mushrooms par Francesca Gavin à la Somerset House à Londres

Valentin Defaux à Super F-97 à Villeurbanne

Greengrassi and Corvi-Mora hosting Hot Wheels pour Condo London 2020 chez Greengrassi à Londres

Solange Pessoa chez Mendes Wood DM à Bruxelles

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Valentin Defaux, Les fleurs ressemblent aux bûches, 2020 | Courtoisie de l’artiste

Pour outil de divination, les druides utilisaient de l’eau ou de l’encre. Cette faculté prit peut-être naissance au bord d’une rivière, lorsqu’un.e ancêtre aperçut des formes vagues dans l’onde. Toute surface miroitante et lisse peut devenir un véritable support de médiumnité, et la sphère de cristal de roche s’est progressivement imposée par la pureté de sa forme et de son matériau. Ces composantes de canalisation de l’énergie psychique permettent d’accéder à un état hypnotique favorisant ensuite la lecture d’informations à interpréter. Il s’agit de neutraliser la vision classique afin d’atteindre un degré de conscience supérieur. Faisant dos à la lumière, on plonge le regard, non sur sa surface mais à l’intérieur de cette boule. Il faudra la fixer pendant une dizaine de minutes en évitant de cligner des yeux. Lorsque des larmes viennent ou que la focale se trouble, tout suspendre et à cet instant, une fumée laiteuse se produira, dans laquelle projeter son esprit en le gardant ouvert. Ou extraire du brouillard des images à travers un dispositif optique.

Ittah Yoda à la Petite Galerie | Cité internationale des arts à Paris

Scènes dans une bulle de cristal à la Galerie Chantel Crousel à Paris

Wolfgang Tillmans au Wiels à Bruxelles

Pleiad of Glass à l’UPM | Museum of Decorative Arts à Prague

Winterreise chez Xavier Hufkens à Bruxelles

On y voit rien à la Galerie Anne-Sarah Bénichou à Paris

Jochen Lempert par Claire Le Restif au Crédac à Ivry-sur-Seine

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Jochen Lempert, Full Spiderweb, photograhie noir/blanc sur papier baryté mat, 2012-15 | Courtoisie de l’artiste et des galeries ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin) © L’artiste et ADAGP, Paris, 2020

Notre planète bouge. Bien-sûr son globe révolutionne mais trop souvent encore, nous négligeons l’activité de son corps-même, une masse vivante. Parmi la diversité d’événements qui marquent son cours, il existe des mouvements de terrain entraînant d’impressionnants transports de matériaux. Ce phénomène ne concerne pas tant une tectonique volcanique, qu’une modification des sols liés au climats changeants. Ces translations s’accompagnent évidemment des mêmes inquiétudes liées au pergélisol menacé. Ainsi, la partie superficielle de la terre fond pour cheminer sur les strates toujours gelées, vers le bas des pentes qui la contenaient jusque-là. Son état de liquide visqueux est proche de la qualité du verre en fusion. On parle d’écoulement, et ces glissements lents mais continuels réussissent à charrier avec eux des roches titanesques, même sur une faible inclinaison. C’est la nature entière qui prend racine là voire ailleurs, que cette instabilité déforme.

Pakui Hardware chez Polansky à Prague

Permafrost au MO.CO. Panacée à Montpellier

Chercheur d’amour ou hors-la-loi à La Société des Nouveaux Mondes à Paris

The Blazing World par Darren Leak & Bianca Chu à Sotheby’s S|2 Gallery à Londres

Metallo Urlante chez Campoli Presti à Paris

Depuis l’île de Pâques par OFF.ON.FOCUS à Kommet à Lyon

Sári Ember à Karlin Studios à Prague

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Pakui Hardware, Extrakorporal, verre, fausse fourrure, cuir, silicone, graines de chia, système de suspension en métal, 2019 | Production Moly-Sabata avec le soutien de l’Institut Culturel Lituanien, crédit photographique Marc Domage

Il existe des règles. Certains y obéissent. Il est fascinant de constater comment chacun suit ou s’invente un ordre, pour mieux s’engager dans sa pratique habituelle. Le sacré s’accompagne de lois qui en régissent les aspects. Croire relève de cette attention éclairée que l’on accepte de porter. Et se conformer passe aussi par les voies du regard. Par un œil respectant.

Jean Lurçat chez Whitford Fine Art à Londres

Jean-Marie Appriou par Franck Gautherot au Consortium Museum à Dijon

Derek Weisberg à la Galerie Lefebvre & Fils à Paris

Le Marbre et le Sang par Katinka Bock à H2M et au Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse.

La Chapelle d’Hem à La Piscine | Musée d’art et d’industrie André Diligent à Roubaix

Traverser la lumière à La Piscine | Musée d’art et d’industrie André Diligent à Roubaix

Emmanuel Van der Meulen à la Galerie Allen à Paris

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Alfred Manessier, Alleluia [étude pour la mosaïque de l’auvent de la chapelle SainteThérèse-de-l’enfant-Jésus et de la Sainte-Face à Hem], 70 x 62 cm, gouache et papiers gouachés collés sur traits à la mine de plomb sur papier, 1957 | Collection particulière

La reproduction nécessite un milieu dans lequel son mystère opère. Moule. Même si tout n’en garde pas forcément l’empreinte. Il est fondamental d’honorer une magie universelle, en embrassant la pluralité de ses incarnations. Grosseur et grossesse représentent un corps en expansion. Célébrons une figuration féconde.

Impossible ici de ne pas vous rappeler de parcourir Mamas de Lili Sohn par Casterman, My Photo Books | Book 11 de Lina Scheynius par JBE Books et toujours Vierge d’Amélie Lucas-Gary au Seuil.

Louise Bonnet à la Galerie Max Hetzler à Londres

Maternality par Catherine McCormack chez Richard Saltoun à Londres

Sofia Mitsola pour Condo London 2020 chez Pilar Corrias à Londres

Portraying Pregnancy par Karen Hearn à The Foundling Museum à Londres

France-Lise McGurn chez Simon Lee à Londres

Sculptures infinies au Palais des Beaux-Arts à Paris

Lucio Fontana chez Ribolant + Voena à Londres

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Louise Bonnet, Hollywood 1, 182.9 x 152.4 cm, huile sur toile, 2019 | © L’artiste, courtoisie de l’artiste et de la Galerie Max Hetzler, crédit photographique Andrew Smart | AC Cooper Ltd

La lave progresse, visqueuse, sans projection ni écoulement du volcan. Sa texture géologique aurait inspiré l’industrie, qui mit en place une mécanique de fabrication au moyen d’une boudineuse, pour mieux standardiser les corps synthétiques ou métalliques. Leur pression, leur température, ont une influence. Ça profile. Une organicité règne. Ainsi le débit de viande, voire la défécation, nous impose une plasticité triviale, même diluée.

Bram Bogart à White Cube Mason’s Yard à Londres

Beyond the Vessel par Catherine Milner & Károly Aliotti à Meşher à Istanbul

Shahryar Nashat à Rodeo à Londres

Svätopluk Mikyta au Center for Contemporary Arts Prague | Jeleni Gallery à Prague

Katy Moran à Modern Art | Vyner St à Londres

Peggy Franck à Arcade à Londres

Vivian Sutter au Camden Arts Centre à Londres


Sam Bakewell | Courtoisie de l’artiste

Règne une saveur fin-de-siècle. Le fameux spiritueux, décrit et décrié comme remède ou poison, nimbé d’une réputation de stimulateur de créativité, voit sa popularité croître jusqu’à représenter quatre-vingt-dix pourcent des apéritifs servis en France. Puis il y a cent ans environ, on en prohibe la consommation. Bien-sûr, cela ne fait que renforcer le mythe, alimenté par ce rituel spécifique de préparation, et une vertigineuse couleur. Ivresse.

Tanja Nis-Hansen à Sans titre (2016) à Paris

Henri de Toulouse-Lautrec aux Galeries Nationales du Grand Palais à Paris

Blanche Endive par Damien Airault à l’Espace Le Carré à Lille

Laura Knight à la Royal Academy of Arts à Londres

Buck Ellison chez Balice Hertling à Paris

Edgar Degas par Henri Loyrette au Musée d’Orsay à Paris

Julie Béna à Kunstraum à Londres


Julie Béna, The Jester & Death, 2020 | Courtoisie de l’artiste

Des formes coulantes tardent à se figer. On les sent encore fraîches. D’ailleurs, elles changeront peut-être encore. Elles affichent leur malléabilité. Leurs contours fluides glissent. Alors elles minauderaient. Elles échappent à l’apprivoisement. Cette qualification frôle un genre de misogynie agacé par les détours, effrayé par tout maniérisme. L’injure proviendrait du « singe à griffe », dit « simagraw » voire « chimagrue » selon un patois du Hainaut. Et c’est ainsi qu’on dénommait en d’autres temps, le diable. Évidemment.

Cécile Noguès à la Galerie Joseph Tang à Paris

Stanislav Sucharda par Veronika Hulíková à la Národní galerie Praha | Veletržní palác à Prague

Marguerite Humeau pour Prix Marcel Duchamp 2019 au Centre Pompidou à Paris

Cruels objets du désir à l’institut Giacometti à Paris

Creative Beginnings. Professional End. par Julia Gardener à la Villa Vassilieff à Paris

When the time swirls, when it turns into a black hole par Maija Rudovska à Futura à Prague

Le Greco par Guillaume Kientz aux Galeries nationales du Grand Palais à Paris


Lou Masduraud, Cabinet de contorsion (examen d’après le Bureau des Pleurs) (détail), mobilier administratif industriel, chemises, fils de coton, archives de la Villa Vassilieff, plastiline, bois, 2020 | Courtoisie de l’artiste et Villa Vassilieff (Paris), crédit photographique Aurélien Mole

Dans l’œil, il y a une lumière. Celle-ci s’intensifierait avec le plaisir montant. Une volupté s’exprime. Sa déraison ferait éclater le spectre, pour une fougueuse irrigation chromatique, bien éloignée de l’équilibre ultime d’un faisceau blanc. Une lueur cosmétique s’émoustille, solennellement.

Piet Mondrian au Musée Marmottan Monet à Paris

Emmanuelle Castellan à La Vigie à Nîmes

Hiroka Yamashita chez Tanya Leighton à Berlin

Dan Flavin chez David Zwirner à Paris

Christodoulos Panayiotou par Donatien Grau au Musée d’Orsay à Paris

Emma Kunz par Christodoulos Panayiotou à la Serpentine Gallery à Londres

Habima Fuchs chez Svit à Prague


Emmanuelle Castellan, the woman who behaves like a man, 80 x 58 cm, huile sur toile, 2019 | Courtoisie de l’artiste, crédit photographique Pierre Schwartz

Rien de linguistique ici. Il s’agit bien d’une dextérité linguale, qui remue tout en bouche. La grosse viande que nous renfermons dans sa cavité buccale, sait tenir ses nerfs. Elle excelle en diverses tensions et pressions. Mais il ne suffit pas d’être virtuose de l’embrassade sportive. C’est l’ensemble de ce qui est rattaché à elle, qui s’active. Musclons l’organe du goût.

Lisa Herfeldt à Between Bridges à Berlin

Rochade par Melissa Canbaz chez Soy Capitán à Berlin

Peter Hujar au Jeu de Paume à Paris

Entrare nell’opera par Alexandre Quoi au MAMC+ Saint-Étienne à Saint-Priest-en-Jarez

Paul Gounon dans l’atelier d’Iván Argote aux Grandes Serres à Pantin

Maria Pinińska-Bereś à The Approach à Londres

Genesis Belanger par la Galerie Perrotin pour la Fiac au Grand Palais à Paris


Genesis Belanger, Helps the Medicine go down, 27.9 x 43.2 x 22.9 cm, porcelaine, 2019 | Courtoisie de l’artiste et de la Galerie Perrotin (Paris),
crédit photographique Pauline Shapiro

Le terme est utilisé en psychiatrie pour désigner toute production imaginaire cohérente fondée sur des hallucinations. En littérature, c’est un genre consistant en la création consciente d’un mythe au sein d’une œuvre, tentaculaire si possible. John Ronald Reuel Tolkien dans son poème éponyme composé en 1931, expose les deux principes nécessaires à la constitution d’une mythologie personnelle, à savoir le statut de démiurge que revêt l’auteur et l’étendue toujours plus complexe et détaillée du monde décrit. L’humeur romantique, gothique, fantastique, surréaliste, exploite avec ampleur cet appétit, éveillant souvent un vocabulaire néo-médiéval. Avec ferveur, rayonnent les faiseurs de légendes.

William Blake à Tate Britain à Londres

Justin Fitzpatrick à la Galerie Sultana à Paris

Marcel Gromaire au Musée Paul Valéry à Sète

Steven Claydon chez Kimmerich à Berlin

Vegetables & Death par Rob Tufnell & Aaron Angell à la Troy Town Art Pottery à Londres

Foncteur d’oubli par Benoît Maire au Frac Ile-de-France | Le Plateau à Paris

Alexandre Noll à la Galerie Jacques Lacoste à Paris


Cécile Noguès, Mauve, 52 x 25 x 20 cm, faïence émaillée, 2016 | Courtoisie de l’artiste

On peut préférer rester chez soi. Une vie sédentaire fleurit alors, à travers les satisfactions de tout un decorum aiguisé pour installer au mieux son sentiment d’aisance. Chaque détail participe de cette situation, née d’un penchant ou d’un impératif, quoiqu’il en soit renforcés par tout ce qui ne sert qu’à asseoir le confort. De l’inclination pantouflarde à l’assignation à domicile, il s’agit de se construire une position stationnaire.

Ron Nagle à The Perimeter à Londres

David de Tscharner à la Galerie Valeria Cetraro à Paris

Côme Clérino à la Galerie Chloe Salgado à Paris

Alexandre Benjamin Navet à la Galerie Derouillon à Paris

The Yellow Wallpaper à L’Attrape-Couleurs à Lyon

Le Dandy des gadoues par Marc Bembekoff à La Galerie à Noisy-le-Sec

Hugo Pernet chez Semiose | Project space à Paris


Côme Clérino, Les vertes éclairées, dimensions variables, technique mixte, 2019 | Courtoisie de l’artiste et de la Galerie Chloe Salgado (Paris)

Explosive. Évidente. Volcanique. Triomphante. Elle est la figure irréductible d’une mythologie générique. Elle est primitive. Elle est actuelle. Son gabarit et son tempérament invoquent la violence de la nature, de ce genre de tempête aux vents opposés formant des tourbillons que l’on craint pour leurs ravages. Elle peut raser un pays, par colère, par fureur, par passion. Elle offre une épaisseur autre. À travers elle, s’impose une figuration en ébullition.

Germaine Richier au Musée Picasso à Antibes

J’aime le rose pâle et les femmes ingrates par Sarah Tritz au Crédac à Ivry-sur-Seine

Imi Knoebel à la Galerie Ropac à Paris

Katherine Bradford à la Galerie Campoli Presti à Paris

Barbara Kapusta | Zsófia Keresztes par Gianna Manhattan (Vienne) pour la Fiac au Grand Palais à Paris

Oda Jaune à la Galerie Templon à Paris

Co Westerik chez Sadie Coles HQ à Londres


Nicole Eisenman, Women on the verge, huile sur toile, 2010 | Centre national des arts plastiques

À la fois outil de la plus abjecte servitude et noble bijou médiéval, il est un signe visible de la contrainte, qu’elle soit subie ou ostentatoire. L’objet représente une limitation, une forte étroitesse conduisant à l’humiliation ou au plaisir. Étreinte. Entrave. Il cadre les corps.

Francis Bacon au Centre Pompidou à Paris

Louis Fratino à la Galerie Antoine Levi à Paris

Fernand Léger au Musée national Fernand Léger à Biot

Ralph Bürgin par Claire Hoffmann au Centre Culturel Suisse à Paris

Firenze Lai au MAMC+ Saint-Étienne Métropole à Saint-Priest-en-Jarez

Durch Mauern gehen au Gropius Bau à Berlin

Anna Boghiguian pour le Festival d’Automne aux Beaux-Arts de Paris à Paris


Firenze Lai, High up and Above, 140 x 110 cm, huile sur toile, 2018 | Courtoisie de l’artiste

Cette éco-anxiété témoigne d’une détresse causée par les changements environnementaux, en particulier le réchauffement climatique. Le néologisme aurait été inventé en 2003 par le philosophe australien Glenn Albrecht, pour nommer une désolation psychique liée à la perte de la Nature. Cela correspond à la douleur ressentie lorsque l’on prend conscience qu’un certain endroit se dégrade irrémédiablement à une échelle humaine de temps. Ce constat contribue à un sentiment d’insécurité territoriale portée par la disparition programmée de tel ou tel paysage. Pollution, déforestation et épuisement des ressources alimentent cet état de panique, sorte de retournement vers le futur plutôt que le passé, de la nostalgie avec laquelle le terme partage sa racine étymologique. De la peine, par anticipation. En résulte une mélancolie, non pas vis-à-vis de ce qui n’est plus, mais de ce qui arrivera.

Jochen Lempert à BQ à Berlin

La mesure du monde par Sandra Patron & Clément Nouet au Mrac Occitanie à Sérignan

David Posth-Kohler par Matthieu Lelièvre à l’Atrium de CIC – Lyonnaise de Banque à Lyon

Katinka Bock à Lafayette Anticipations à Paris

The Seventh Continent par Nicolas Bourriaud pour la 16e Biennale d’Istanbul à Istanbul

Émilien Adage à L’Assaut de la menuiserie à Saint-Étienne

Vera Kox à 22,48m² à Paris

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Pakui Hardware, Extrakorporal, 2019 | Courtoisie des artistes, co-production de la biennale avec le MO.CO. Montpellier Contemporain, crédit photographique Sahir Ugur Eren

Il existe une architecture du regard, conçue pour un voyeurisme extrême. On s’y réunit pour inspecter la mort afin de comprendre le vivant. L’histoire de la médecine et celle de la scène s’y rencontrent, en un lieu spécialement aménagé à des fins d’exhibition. Le corps y est ouvert, pour la recherche, pour l’enseignement. Et pour le spectacle, forcément. Leçon scientifique autant que divertissement mondain, c’est ainsi qu’aurait d’ailleurs été inventée la place payante. Cet espace dédié à la dissection humaine, apparu en Europe du Sud au XVIe siècle, se construit selon un plan concentrique, métaphore possible des couches qui constituent le globe oculaire même. Un éloge de l’œil, à une échelle existentielle. L’expérience visuelle est consacrée. C’est le triomphe de la vue en tant que moyen privilégié d’accéder à la connaissance.

Issy Wood par Carlos/Ishikawa à Paris Internationale 2019 à Paris

Claude Mirrors par Agnes Gryczkowska au Schinkel Klause | Schinkel Pavillon à Berlin

Meret Oppenheim chez Alexander Levy à Berlin

Peggy Guggenheim and London chez Ordovas à Londres

Maruja Mallo par Ortuzar Projects à Frieze Masters 2019 à Londres

The Making of Husband par Anna Gritz au KW Institute for Contemporary Art à Berlin

Nur Koçak à SALT Beyoğlu | SALT Galata à Istanbul

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Christina Ramberg, Strung (for Bombois), 1975 © Estate of Christina Ramberg | Collection of Gladys Nilsson & Jim Nutt, crédit photographique Frank Sperling

Le gibier s’y abrite lorsqu’il est traqué. Asile ou échappatoire. Il s’agit d’un emplacement où l’on se met en sûreté pour fuir un ennui ou autrui. Ainsi on dessine son havre. On dresse son repaire. On construit sa tanière en y déployant toute une infrastructure assurant sa sécurité, éloignant le danger, annulant la menace. Voilà un espace où l’on prend soin. Nous nous y dérobons.

Laure Prouvost chez Carlier | Gebauer à Berlin

Io Burgard à la Galerie Maïa Muller à Paris

Le monde nouveau de Charlotte Perriand à la Fondation Louis Vuitton à Paris

Christine Roland à la Galerie Tanya Leighton à Berlin

Ride the Wild chez Lévy Gorvy à Londres

Eva Rothschild à Blue Projects | Blue Mountain School à Londres

Eileen Gray par Gilles Peyroulet & Cie à Frieze Masters 2019 à Londres

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Eileen Gray, Siège-escabeau-porte serviettes de La villa Tempe a Pailla (Castellar), 70 x 38 x 50 cm, bois peint bicolore blanc et vert foncé, 1930-33 | Courtoisie de Gilles Peyroulet & Cie (Paris)

À l’origine, on renversait son canot pour s’y abriter. Le jour, nous naviguons dessus. La nuit, nous dormons dessous. Le même objet selon son sens, change d’usage. Et décide du mouvement ou non. Nacelle. Marche. Toiture. Pause. C’est en bouleversant les choses, que l’on avance ou se repose. En langage marin d’ailleurs, le verbe reste un synonyme de chavirer. L’habitation une fois stabilisée, est sommaire. Elle fait preuve d’inventivité, et éveille un imaginaire agreste. Mille manière savent sans l’épuiser, exploiter la nature, ses ressources et ses images.

Sylvie Auvray à la Galerie Laurent Godin à Paris

Le rêveur de la forêt par Noëlle Chabert & Jeanne Brun au Musée Zadkine à Paris

Isa Melsheimer à la Galerie Jocelyn Wolff à Paris

Lauren Coullard par Elena Cardin pour Palomar Projects à Paris

Paul Cézanne chez Luxembourg & Dayan à Londres

Danh Vō à la Galerie Marian Goodman à Londres

Caroline Achaintre par Vincent Honoré au MO.CO. Panacée à Montpellier

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Sylvie Auvray, Grand baton 1, 310 x 50 x 16 cm, bois, plâtre, céramique, encre, résine, shellac, 2019 | Courtoisie de l’artiste et de la Galerie Laurent Godin (Paris)

En temps de crise, ça explose. L’exposition frontale d’une entrejambe, bien campée, demeure un message clair. Tout est imposé à l’œil. Un déballage empêche de ne pas regarder. Et de telles formes ont ainsi fait irruption au fil de l’Histoire de l’art, avec une relative cristallisation il y a cinquantaine d’années, pour manifester une urgence. Certain.e.s pensent l’affrontement nécessaire. La violence agit alors par l’ouverture du corps à notre vue.

VALIE EXPORT par Brigitte Huck au Pavillon Populaire à Montpellier

Elsa Sahal | Erik Dietman par la Galerie Papillon la Fiac 2019 à Paris

4fucksakebabes par Jamie Bull à Goswell Road à Paris

Carolee Schneemann chez mfc-michèle didier à Paris

Robert Brambora par Sans titre (2016) pour Paris Internationale 2019 à Paris

I wake up every morning in this killing machine called America à la New Galerie à Paris

Henri Ughetto à l’Enseigne des Oudin à Paris

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Elsa Sahal, Venus polymathe jouissante, 2019 | Courtoisie de la Galerie Papillon (Paris)

De vapeur, de sueur, de poussière, de fumée, d’écume, c’est une trace. Elle marque un passage, même s’il n’en reste que l’évanescence. Et si la matière n’est plus, demeure son parfum, son influence. Une allure s’affirme. Elle guide, et laisse son souvenir indélébile. Ce qui existe derrière soi.

Liz Deschenes chez Campoli Presti à Londres

Sigmar Polke au Bal à Paris

Back side / Dos à la mode par le Palais Galliera au Musée Bourdelle à Paris

Ruby Neri | Marilyn Minter | Philippe Malouin par Salon 94 à la Fiac 2019 à Paris

Louisa Gagliardi par Dawid Radziszewski à la Fiac 2019 à Paris

Lisa Brice chez Stephen Friedman à Londres

Histoire de corps Le nu dans l’oeuvre d’Alberto Giacometti à l’Institut Giacometti à Paris

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John Galliano, Robe fourreau fermée par 51 boutons, Prêt-à-porter, automne-hiver 1998-99 | Crédit photographique Pierre Antoine

Faible, sensible, accessible, chancelant, ouvert. Les synonymes sont nombreux pour qualifier un état de fragilité souvent stigmatisé par les idéaux compétitifs. Oser la confidence s’avère bien-sûr profitable, et des artistes parfois discrets, sauvages, réussissent à lui donner forme. Mais au-delà de l’émotion d’approcher des œuvres à vif, ce caractère peut aussi témoigner d’une réelle précarité. Aux blessures, aux coups, à la douleur, ça s’expose.

Renaud Jerez chez Crèvecoeur à Paris

Futur, ancien, fugitif au Palais de Tokyo à Paris

Michael E. Smith chez Modern Art Vyner St à Londres

Le fil d’alerte par Claire Le Restif à la Fondation d’Entreprise Ricard à Paris

Oscar Murillo chez Carlos/Ishikawa à Londres

An Autumn Pantomime à la Galerie Joseph Tang à Paris

Daiga Grantina au Pavillon letton | Arsenale à Venise

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Michael E. Smith, Untitled, 22 x 28 x 3 cm, mains, pop corn, fil, 2019 | Courtoisie de l’artiste et de Modern Art (Londres), crédit photographique Ben Westoby

Elle marque une signature d’un coup de patte. Férocement couture, cette manifestation de soi ne se restreint pas pour autant à la mode-même. Ce sont au contraire ses marges qui l’intéresse. D’obédience féline, ça égratigne. Et assure une influence folle. En bijouterie, l’élément permet de sertir une pierre précieuse. Partout ailleurs, la vigueur du style libère les silhouettes sauvages.

Jean Hugo pour Design Parade 2019 à la villa Noailles à Hyères

Into the Night par Florence Ostende à la Barbican Art Gallery à Londres

Paul Maheke à Triangle France | Astérides à Marseille

Honey-Suckle Company à l’ICA Institute of Contemporary Arts à Londres

Oskar Schlemmer à la Galerie Thaddaeus Ropac à Londres

Thema Selection par Provence pour Art-O-Rama 2019 à Marseille

Tenant of Culture chez Nicoletti à Londres

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Tenant of Culture, Eclogues 1, 168 x 40 x 27 cm, vêtements et accessoires recyclés, fils, cheveux humains, plâtre, argile époxy, peinture, vernis, 2019 | Courtoisie de l’artiste et Nicoletti (Londres)

Système qui gouverna l’enseignement musical au Moyen-Âge, il fut inventé par Gui d’Arezzo afin de répartir toute l’échelle diatonique en trois hexacordes identiques. Voici un principe qui a permis d’accorder les chants durant des siècles. D’un point de vue plus guttural, le terme désigne également l’altération de la voix de l’adolescent qui passe au moment de la puberté, du registre élevé de l’enfant au registre grave de l’adulte. Une figuration en mutation.

Elizabeth Peyton chez Sadie Coles HQ à Londres

Young Monsters par Marcelle Joseph chez Lychee One à Londres

Maryan à la Galerie Patricia Dorfmann à Paris

Self Portrait with Visor à la Galerie Campoli Presti à Paris

Helene Schjerfbeck à la Royal Academy of Arts à Londres

Transformer: A Rebirth Of Wonder pour The Vinyle Factory à Londres

Ambera Wellmann au MO.CO.Panacée à Montpellier

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Ambera Wellmann | Courtoisie de l’artiste et de la galerie Kraupa-Tuskany Zeidler (Berlin)

Si la mythologie grecque empêtre ce personnage dans des aléas conjugaux, Molière en fait une parfaite figure d’hospitalité. L’homme régale. Au-delà de la simple civilité, son accueil est marqué par la somptuosité. Sa générosité est distinguée et roborative. Grâce à lui, nous partageons un repas.

Natalia Goncharova à la Tate Modern à Londres

First sight §3 au SISSI Club à Marseille

Bettina Samson à la Galerie Sultana à Paris

Tout feu tout flamme à L’Usine au Poët-Laval

Cultiver son jardin par We Do Not Work Alone pour Design Parade 2019 à l’Ancien évêché à Toulon

Les fleurs sauvages par Double Séjour à la Chapelle du Couvent Levat à Marseille

Louis Gary dans le Project Space chez Semiose à Paris

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Bettina Samson, Horloge #3, 16 x 6 x 3 cm, céramique et cônes pyrométriques, 2018 | Courtoisie de l’artiste et de la Galerie Sultana (Paris), crédit photographique Aurélien Mole