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Archives Mensuelles: octobre 2012

Issus du glossaire nautique, ces termes conduisent tout navire de port en port. Entre les escales, l’embarcation flotte, et le capitaine feint cette autorité qui suggère à son équipage la maîtrise de la situation. Pourtant, une forme de dérive semble incontournable et le gouvernail trépigne toujours en vue d’une île nouvelle, un continent inconnu, une Inde de plus. Malgré le quadrillage despotique de la planète, subsiste aujourd’hui le mythe du marin libre, seul conquérant sur la mer des possibles.

Roe Ethridge par Anne Pontégnie au Consortium à Dijon

Landon Metz à la Galerie Torri à Paris

L’âge d’or des cartes marines à la Bnf – Site François Mitterrand à Paris

Explorateurs – Œuvres du Cnap au Masc – Musée de l’Abbaye Sainte-Croix aux Sables d’Olonne

Cécile Beau à la Galerie Farideh Cadot à Paris

Geert Goiris à la Galerie art:concept à Paris

Rothko/Sugimoto – Dark paintings and seascapes à la Pace Gallery à Londres

> Geert Goiris – Courtoisie Galerie art:concept Paris

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Déroutant, ce tout récent séjour londonien. Alors que la plupart de mes endroits préférés de l’East London et Camden présentaient des projets plutôt mous voire mauvais, les puissantes galeries de Mayfair affirmaient la qualité et l’audace d’une programmation qui s’étalait, en plus de leurs habituelles localisations, dans des espaces insolites ouverts spécifiquement pour la semaine foraine. Même si c’est embarrassant à dire, la dynamique était bel et bien cet automne donnée par les marchands du quartier central et huppé de la ville. L’argent semble donc dans ce contexte-là influer d’une manière attendue, et triste. Ce constat n’empêche évidemment pas l’existence d’expositions formidables. Les artistes réunis aujourd’hui ont déjà pour la plupart été évoqués dans mon support, et leur actualité trace autour de la dixième édition de Frieze art fair, un parcours justement carnavalesque, sinon sévère.

David Noonan chez Modern art – Shave Stuart Gallery à Londres

A house of leaves par Vincent Honoré à la David Roberts art foundation à Londres

Thomas Houseago à la Hauser&Wirth Gallery – Saville Row North & South à Londres

Thomas Schütte à la Serpentine Gallery à Londres

Frieze 2012 dans Regent’s Park à Londres

Oscar Tuazon à la Jonathan Viner Gallery à Londres

Franz West à la Gagosian Gallery – Britannia à Londres

> Matt Hoyt – Courtoisie Bureau New York

En galeries parisiennes, la rentrée multipliait les expositions personnelles alléchantes. Couleur chair, elles partageaient une énergie similaire, amusées par des joies simples et malicieuses. Travestissement, dissimulation, badinage et artifices donnaient un air de printemps à notre humide septembre. Le grotesque peut surgir, la fantaisie est permise. Le sérieux fait sourire, mais le rire est grave.

Cindy Sherman à la Galerie Gagosian à Paris

Lizzie Fitch à la New Galerie à Paris

Easy living chez Less is more projects à Paris

Jessica Warboys à la Galerie Gaudel de Stampa à Paris

Folkert de Jong à la Galerie Dukan Hourdequin à Paris

Leigh Ledare à la Galerie Michèle Didier à Paris

Hippolyte Hentgen à la Semiose Galerie à Paris

> Hipppolyte Hentgen, Ô Elisabeth, 200x134cm, tissus, 2012 – Courtoisie Semiose Galerie Paris

Le périssable secoue par définition la vision d’un art immuable conçu pour inscrire l’Être dans une relative éternité. En prenant le vivant comme matériau, différents artistes provoquent de front cette aspiration classique, avec une sincérité qui reste encore à interroger. Plutôt émancipés des questions de conservation, ces créateurs modèlent des pièces en anticipant leur dégénérescence. Deux quinquagénaires français mènent cette file avec une importante actualité pour chacun d’entre eux, étalée sur quelques mois pour le second et synchronisée pour le premier. Leurs œuvres colorent ainsi la scène parisienne d’une fascination pour le vivace partagée par plusieurs de leur confrères, et hissent le mythe de Nature comme préoccupation fondamentale, alors que notre condition paraît indéniablement nous en éloigner, que nous mangions bio ou non.

Camille Henrot chez Rosascape et à la Galerie Kamel Mennour à Paris

Fabrice Hyber au Palais de Tokyo à Paris

Nicolas Boulard au Frac Alsace – Fonds régional d’art contemporain à Sélestat

Par nature au 104 à Paris

Michel Blazy au Plateau / Frac Ile-de-France – Fonds régional d’art contemporain à Paris

La tradition du dégoût par Vincent Labaume à la Galerie Christophe Gaillard à Paris

Mimosa Echard à la Maba – Maison d’art Bernard Anthonioz à Nogent-sur-Marne

Mimosa Echard, Fleurs, 2012 – Courtoisie de l’artiste

Notre contexte actuel fait se multiplier les expositions prenant pour focale la productivité, l’économie et ses vertiges, les absurdités des marchés, et l’homme au travail plus généralement. Une chronique future fera peut-être le point sur ces évènements, aux fondements bien rodés mais plastiquement assez pauvres, d’habitude. J’ai privilégié cette fois un retour naïf aux origines de l’industrialisation, et surtout à la fascination qu’opère la machine sur l’humain qui l’a conçu.
Car ce sont bien ces inventions techniques puis numériques, et tout l’optimisme et l’expectation que nous projetions dans ce progrès, qui motivèrent la perspective humaniste d’une société dans laquelle les citoyens heureux jouiraient de leur pleine existence tandis que leurs systèmes bien appareillés, bricolages, automates, ordinateurs, s’occuperaient du reste. Nous n’y sommes pas encore tout à fait.

Le monde comme volonté et comme papier peint par Stéphanie Moisdon au Consortium à Dijon

Delphine Reist  à la Galerie Triple V à Paris

Inouïe ! au Frac Limousin – Fonds régional d’art contemporain à Limoges

Turbulences à l’Espace culturel Louis Vuitton à Paris

Roman Signer à la Hab Galerie – Hangar à bananes à Nantes

Random International à la Carpenters Workshop Gallery à Paris

Digital art work au Ceaac – Centre européen d’actions artistiques contemporaines à Strasbourg

Thomas Ruff, Maschine 1073, 2003 – Collection Eric & Suzanne Syz