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Reims

La figure animale est un motif récurrent cet été sur le territoire français. Rendant la création contemporaine probablement plus sympathique aux yeux des familles de touristes, le traitement du sujet reste souvent trop gentillet, alors qu’il pousse pourtant à la satyre. La bête est ce que l’homme en fait, en l’occurrence, un thème fédérateur d’expositions collectives ou une monomanie de présentation personnelle. Ce numéro se focalisera sur deux manifestations d’envergure, augmentées de deux propositions complémentaires. Ainsi sans préméditation en Champagne et en Camargue, dans les Yvelines et en Loire-Atlantique, le pays est pris d’une attention zoophile dans une période où les foyers abandonnent justement leurs mignons compagnons domestiques.

Safari par Patrice Joly au Lieu Unique à Nantes

Animaux / Animots au Frac Pays de la Loire à Carquefou

Emilie Pitoiset à la Zoo Galerie à Nantes

Allures de cheval par Claude d’Anthenaise au Château de Maisons à Maisons-Laffitte

Karen Knorr à la Villa Savoye à Poissy

Si loin, si proche… au Château d’Avignon aux Saintes-Maries-de-le-Mer

Sylvie Auvray par Florence Derieux à la chapelle de l’Ancien Collège des Jésuites à Reims

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La richesse du territoire français en matière de lieux d’art contemporain n’est jamais suffisamment soutenue. Nous connaissons pourtant la vulnérabilité de trop de structures pour qui subsister est un combat permanent, animé d’un humanisme que l’on ne considère plus. Les parcourir pour témoigner de leurs actualités fait partie d’un engagement vif qui m’importe depuis les débuts de cette chronique. Deux numéros cet été seront exclusivement consacrés à une géographie tricolore qui boycotte l’Ile-de-France et son cœur parisien. Le premier suivra un éclair qui zèbre la face orientale de notre pays, la traversant du Nord au Sud en ciblant Reims, Mulhouse, Pougues-les-Eaux, Villeurbanne, Clermont-Ferrand, Nîmes et Sérignan.

Julien Carreyn au Frac Champagne-Ardenne à Reims

Seb Patane à La Kunsthalle à Mulhouse

Manufacture par Zoë Gray & Sandra Patron au Parc Saint Léger à Pougues-les-Eaux

Yes, we don’t par Joël Benzakin & Nathalie Ergino à l’Iac à Villeurbanne

Derrière les panneaux, il y a des hommes #2 par Solenn Morel à La Tôlerie à Clermont-Ferrand

Albert Oehlen au Carré d’art à Nîmes

C’est l’amour à la plage au Mrac Languedoc-Roussillon à Sérignan

Ce numéro se focalisera sur l’objet d’une excitation. Affirmant une sexualité et frôlant plus subtilement le sensuel sujet, cette série d’expositions donne à voir le corps masculin, et s’inquiète à travers lui de l’actualité de la figure virile. Orientée vers un homo-érotisme certain, cette sélection ne s’y cloisonnera cependant pas. Nous approcherons ensemble les formes que prennent aujourd’hui la représentation de l’homme, et les passions qu’elle peut engendrer.

Hilary Lloyd chez Raven Row à Londres

Robert Mapplethorpe : Night Work à la Galerie Alison Jacques à Londres

Tom Burr au Frac Champagne-Ardenne à Reims

General Idea au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris / Arc à Paris

Gerd Rohling – Kent Monkman à la Galerie Michel Rein à Paris

Martin Dammann à la Galerie In Situ – Fabienne Leclerc à Paris

Keren Cytter à la David Roberts Art Foundation et à la Galerie Pilar Corrias à Londres

Envisageons une météorologie ennuyeuse, propice à cette luminosité qui s’éternise parfois, dans des grisailles claires. La passage du jour à la nuit n’a alors plus rien de spectaculaire. Le ciel s’éteint simplement, dans une sobriété neutre, éventuellement violacée par le froid. Peut-être, un éclair rose viendra ponctuellement trancher le bas de notre voûte. Il s’agira d’une exception qui fouettera la banalité des tons las. Autrement, à quelques jours du solstice hivernal, tout reste voilé, nappé d’un brouillard homogène.

Julia Kröner à la Galerie Artary à Stuttgart

Hans Holbein d.Ä. à la StaatsGalerie à Stuttgart

Gabor Ösz à la Galerie Loevenbruck à Paris

Entre chien et loup à la Galerie Vidal Saint Phalle à Paris

Monica Majoli à la Galerie Air de Paris à Paris

Anna+Peter au Frac Champagne-Ardenne à Reims

John Adair chez ParisConcret à Paris

D’abord, on se surprend à voir un tel enthousiasme autour d’un évènement à caractère culturel. Des dizaines de communes s’affairent au sujet du déplacement d’une sculpture monumentale, du hangar où elle a été oubliée durant quinze ans avant d’être acquise par le conseil général, jusqu’à l’emplacement d’une future aire d’autoroute. Les habitants adulent la laie de fonte et le succès populaire de la manifestation est impressionnant. Pancartes de bienvenue dans chaque village foulé par la bête, moyens colossaux déployés pour accompagner le convoi jusqu’à amputer les arbres bordant les routes forestières empruntées par l’imposant mammifère, couverture médiatique presque suspecte, on entend parlé que d’elle, si proche, tellement nous, hyper sympa, la Woinic. Puis, on apprend que le seul centre d’art du coin va fermé ses portes, ne pouvant plus subvenir à sa survie sans aides publiques, subventions annuelles qui reviendraient à un quarantième du prix d’achat de l’emblème ardennaise. La grosse femelle sanglier, placée aux portes du département, marquera donc fièrement l’entrée dans une contrée, où la culture contemporaine consiste en l’engouement spectaculaire démesuré d’un symbole patriotique. Il faudra maintenant aller dans la Champagne voisine pour trouver de préférables priorités.

Ann Craven au Frac Champagne-Ardenne à Reims

Aurélien Froment au Frac Champagne-Ardenne à Reims

Quebec Gold au Palais du Tau et à l’Ancien Collège des Jésuites à Reims

Cécile le Talec au Cryptoportique à Reims

Christian Jaccard au Centre d’Art et de Littérature à L’Echelle

Julie Faure-Brac au Centre d’Art et de Littérature à L’Echelle

Rocroi